Philibert de l'Orme
(Premiere Tome): Le premier tome de l'architecture de Philibert de l'Orme: Conseillier Et Avmosnier ordinaire du Roy, & Abbé de S. Serge lez Angiers. — Paris, 1568

Page: 35
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auoir fait quelque chofe d’auantage, ou pour auoir efté trompez

LIVRE I. DE L’ARCHITECTVRE
peu de patience. Aufli i’ay veu que toutes les œuures de ceux qui
font ainiî foubdains,neftoient pas à moitié conduises, quils fe
repentoiét beaucoup de fois, foit pour n auoir bien tourné leurs
Repentance baftimentS (pour le peu de iugement qu’ils auoient ) ou pour n’y
accompagner . r . Fr»® 1 • _r\/ 1 _
toujours les _
ThaUduife^ des pris àc marchez qu’ils auoient fait, ou pour autre incommo-
dité que le temps leur faifoit cognoiftre, les amis ennemis
remarquer en deuifant desbaftiments, ou les venant vilîter, ou
bien qu’ils n’eftoient allez difcrets pour pouuoir iuger de toutes
les opinions qu’on leur propofoit. Et corne ils auoient commen-
cé fort legerement, plus legerement ils fe repentoient, &C enco-
resplus facilement receuoientnouuelles fafcheries. Quieftoit
vne grande derilion, grande faulte grand vitupéré pour eux,
&!pour leur honneur. I’ay veu dauâtage,que laplus part de ceux
obferuations qui font prompts à reprendre les œuures des autres, en dire
de l'auteur fur leuraduis, depuis qu’ils voyent qu’on leur accorde quelque cho
leJ ^ dsprefument incontinent beaucoup d’eux, &C fe perfuadent
jes c aj tr. e^.re port bjen entendus, parquoy ils fonteftat de vouloir corri-
ger, mais pas vn de tous ne fçauroit confeiller ce qu’il fault bien
faire,ne dire comment, ne monftrer la railon pourquoy ils troll
uent à dire quelque chofe, ne comme il fault amender l’œuure.
Souuentesfois aulli i’ay veu de grands perfonnages quife font
trompez d’eux mefmes, pour autant que la plus part de ceux qui
font auprès d’eux,iamais ne leur veulent côtredire, ains comme
délirants de leur complaire, ou bien à faulte qu’ils ne l’entédent,
relpondent incontinent tels mots, Cefibien diff, Monfieur: cefi
vne belle inuention, cela efi fort bietrouue, & monjlrez^ bien que ‘vous
aueZj tresbon entendement ; iamais nefera veu vne telle œuure au mo-
de. mais les fafcheux, penfent tout le contraire,&: endifcourenc
par derrière,peult eftre,tout autrement. Voila cornent plulîeurs
Les felgneurs Seigneurs fe trompent,&C font contentez des leurs. Diâes moy,
'fmm efct ^ vous prie, quâd celuy qui fait baftir voit qu’il eh: repris,6>C que
cjirc trope,Ion trouue tant de faultes aux œuures qu’il faiét faire, n’a il pas
occalîon d’auoirgrande fafcherie &Iennuy en fon efprit, maudif
fant quelque fois & les ouuriers &: ouurages ? S’il a fentimentne
doit il pas auoir peur d’eftre mocqué des homes, & encores eftre
plus marry de fonargétquieftmal employé ? certes ie croy qu’il
ne fçait à quifenprédre, ou à luy ,ou à fes ouuriers : n’entendant
que fil auoit vn procès pour dix liures de rente, il feroit plus de
deux &c trois constations pour en auoir l’aduis desfçauants: &C
quadil veult defpédre vingt ou tréte mille efcus, plus ou moins,
fe doit il lier à foymefme, ou à vn maiftre maçon, fans fonner la
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