Blondel, François
Cours d''architecture (1-3) — Paris, 1675

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cToutefois quand je regarde tous les autres biens que l'homme
a reçus de la Nature , ft) particulièrement cet ejprit que Dieu luy
a donné pour fùbvenir a toutes les necefiitez* de fa vie : je trou-
ve quil na point à f plaindre de fa condition , pouvant par
fn indufirie f prévaloir des avantages de la ftuation des lieux
qu'il habite, & des matériaux qu'il y trouve.
Ce nef pas que les hommes profitent également de cette grâce,
& il y a quelquefois de la barbarie dans leurs habitations au fit
bien que dans leurs mœurs. Nous voyons des peuples entiers qui
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Je mettent a l abry, comme les befies farouches , dans les antres &
dans les rochers ; D'autres qui fi logent, ainf que les Abeilles, dans
le creux des arbres an milieu des Fore fis.
Il y en a qui f trouvant dans les Campagnes découvertes nont
pu rien imaginer de meilleur pour f loger , que de fouiller la ter-
re comme les Taupes ft) les Renards. Et fay veu des Sauva-
ges fur les bords de ïOcéan du Nort qui n'ont point d'autres mai-
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fins que les ventres des Baleines que la violence des vagues a fait
' échouer à la cote.
le frois trop long f je voulois vous entretenir de toutes les
differentes manières de fie loger qui fint en ufage parmy les Na-
tions j Et je dois me contenter de vous dire que f la necefite a la
première en f igné l'Architecture aux hommes, ce bel art rie fi par-
venu au Jupreme degré de magnificence & de fplendeur où nous
le voyons , que par tabondance des pays & par la politeffe des
nations puijfantes.
En effet nous devons l’origine de l’(Architecture a ceux qui s’a-
donnèrent d'abord à cultiver la terre , & c'eft parmi eux que cet
Art a jetté les premières racines de fa grandeur. Car ils f vi-
rent en peu de temps obligez,,par l'abondance des fruits de leurs ré-
coltés & par la fertilité de leurs moijfons , d'agrandir leurs gre-
niers pour la confervation de leurs grains & d'y joindre mille au-
tres bâtimens rufiiques. Leurs familles même f grofiiffant avec le
temps , les enfans f logèrent dans le voifinage de leurs Peres j &
les parens afiirent leurs maifons auprès de celles de leurs pa-
rens. KV '
C'efi ainfi que non feulement les hameaux ft) les villages, mais
que les bourgs même & la plufiart des villes ont commencé & fie
font agrandies peu a peu. Ceux qui s'établirent prés des rivières
ou de la mer , par où ils pouvoient commodément débiter leurs
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