Blondel, François
Cours d''architecture (4-6) — Paris, 1683

Page: 728
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Livré V.
Chap.I,
pas le rapport qui
voit dans celles du
Corps Humain.

la même fymmetrie
ne fait pas le même
effet dans tous les
Thcarres.
Il y a des chofcs qui
font toujours les
mêmes dans les
Théâtres grands ou
petits.

Les parties de l'A-
trium n’ont pas la
mefme fymmetrie
quand il eft grand
que lorfqu'il elt
petit.

Trois chofesdans un
beau batiment. Le
travail , la magnifi-
cence & le deflein,
La gloire de la pre-
mière eft pour l’Ou-
vrier , la fécondé
pour le Maître, & la
troifîéme pour l’Ar-
chitefle.

7Ï8 ; COURS D’ARCHITECTURE.
ftement entr’elles le rapport qui le voit dans les membres du corps
d’un Homme bien fait. Puis ayant enfuite expliqué quelques unes
des proportions du Corps Humain, il ajoute que fi la nature a com-
posé le Corps de l’Homme de telle forte que toutes fes parties ré-
pondent avec une precifion de melures fi exaéte à la beauté gene-
rale du tout ; les anciens Architectes ont eu raifon d’établir pour
réglé de la pcrfedion de leurs Edifices, que chaque membre en par-
ticulier eut aufli un rapport de jufteffe 8c de proportion à la beauté
generale de tout l’Ouvrage.
Au feptiéme Chapitre du cinquième Livre y dans lequel il traite
des Théâtres, il dit que la même fymmetrie ne fait pas le même
effet dans tous les Théâtres ; Et quil faut qu’un Architecte prenne
bien garde au choix des proportions dont il doit fe fervir fuivant
la nature du lieu 8c la grandeur de l’ouvrage. Car il y a des chofcs
qui doivent toûjours eltre de même grandeur , foit que le Theatre
foit grand ou petit comme lont les degrez, les appuis &c, lcfquelles
contraignent l’Architede de s’écarter des proportions ordinaires
pour la commodité de l’ufage. Ainfi lorfque I on n’a pas les maté-
riaux neceflaires en abondance , on peut ofter ou ajouter quelque
chofe aux mêmes proportions , pourveu que cela ne fe faffe pas în-
confiderement 8c fans prudence. Cela néanmoins réüfïît toûjours
bien lorfque rArchitede a beaucoup d’expcrience, 8c qu’il ne man-
que pas d’elprit 8c d’invention.
Nous avons rapporté cy-devant ce qu’il dit au même fujet dans le
fécond Chapitre du fixiéme Livre. Au quatrième Chapitre du même
Livre , il dit en parlant de cette partie de la Maifon Romaine,qu’ils
nommoient Atrium, qui eif, peut-eftre, une Cour ou un Veftibule,
que ces membres n’ont pas la même lymmetrie lorfque les Atna
font petits que lors qu’ils font grands : Car fi l’on vouloit donner aux
petits les mefurcs qui font propres pour les grands, les ailles 8c les
logemens ou cabinets qui accompagnent Y Atrium, feroient abfolu-
ment inutiles ; lefquels au contraire deviendroient d’une grandeur
extravagante 8c monftrueufe fi l’on donnoit aux grands les indurés des
petits. Sur la fin de l’onzicme Chapitre du même Livre, il dit qu’il
y a trois chofes qui rendent unOuvrage confîderable, fçavoirla deh-
catefle du travail, la magnificence 8c le deflein. On donne la gloire
de la première partie à la diligence de l’Ouvrier, la gloire de la fé-
condé à la magnanimité du Maître , 8c celle de la troifiéme à l’Ar-
clnteCte, lorfque par fes belles proportions il donne de la grâce 8c
de la majefté à fon Ouvrage.


CHAPITRE
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