Blondel, François
Cours d''architecture (4-6) — Paris, 1683

Page: 786
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Livre V.
Ch ap.XIX

Comme dans la
Poeïïe, la Reihori-
quc, la Comcdic, la
Peinture , la Scul-
pture.
La nature fe fcrc
de moyens fembla-
blcs par tout pour
produire des effets
lemblables.

L’on ne peut pas
bien juger de U re-
lation de l’Archite-
cture à la Mufique,
fi l’on ne connoift'
celle qui eft entre la
quantité continue
permanente Ce U
fuccclüvc.

7U COURS D* ARCHITECTURE.
Batiment produite, comme nous venons de dire, de l’ordre, de la
forme, de l’arangemcnt & des proportions de fes parties,na rien de
réel, de convaincant, ou qui foit fondé dans la nature.
Je pourrois ajouter à ces raifonnemens la comparaifon que j'ay
faite autrefois du plaifir que nous recevons de l Architeéturc avec
ccluy que produifent divers autres Arts, comme font la Pocfie , la
Rethonque, la Comedie, la Peinture , la Sculpture &c, pour faire
voir qu’il eft par tout fondé lur un même principe , & que la natu-
re, qui eft toujours la meme par tout, fc fert de moyens tout à fait
femblables quand elle veut produire les mêmes effets dans noftre
ame. Mais la crainte d’eftre trop ennuyeux me retient. D'autant plus
que ce que j’aurois à dire pour expliquer la raifon qui fait que les
proportions qui produifent les confonances dont on fait défi beaux
accords, font les mêmes que celles qui font la fymmetrie dans les
parties de f Archite&ure dont on fait des Edifices d’un fi bel afpeét,
eft d’une trop longue difeuffion, de fuppofe la connoiffance de plu-
fieurs autres chofes qui ont trop peu de liaifon à noftre fujet. En
effet, il faudroit trop de difeours, fi je voulois expliquer à fond le
rapport qu’il y a entre la quantité continue permanente & la fuccefti-
ve, de montrer en quel fens on doit entendre que ce rapport eft le
véritable principe de la relation qui fc trouve entre les parties de
l’Architecture de celles de la Mufique.

Chap. XX.

La plufpart des pro-
portions qui plaif nt
dans l’Archireéture
font entre les fix ou
huit ou au plus les
dix premiers nom-
bres.
Toutes les propor-
tions ne convien-
nent pas indifférem-
ment à tous les Edi-
fices.
Il y en a qui font les
mômes par tout.
D’autres qui (ont
d'une grandeur dé-
terminée.

CHAPITRE XX.
Il faut un jugement exquis @r une expérience confommee pour faire un
bon choix des proportions dans chaque partie du Batiment.
JE finis donc en avertiffant feulement que la plufpart des propor-
tions qui font un bon effet dans les parties d’un batiment eft
comprife fous celles des fix ou huit , ou tout au plus des dix pre-
miers nombres. Et que toutes les proportions ne conviennent pas
indifféremment à toutes fortes d’Edificcs, tant pour fes parties en
gros que pour les membres en particulier de dans le détail -, à caufc
qu’il y a certaines grandeurs, ou qui font toujours les mêmes en
toutes fortes de conftruélions , ( comme eft par exemple la hauteur
des marches des Efcaliers de celle des appuis des feneftres *, ) ou qui
font d’une étendue déterminée , ( comme eft celle des cftages qui a
fes bornes, de qui fait par exemple que la proportion de la hauteur
de de la groffeur d’un Pavillon à fon principal corps de logis, qui
réüffiront bien dans une façade de vingt ou trente toifes, feroit ex-
travagante dans une autre dont l'étendue feroit de cent ou fixvingts
toifes, parce que la hauteur des eftages en ce cas deviendroit impofi-
fible ou au moins tres-incommode ; ) Ou enfin qui changent les pro-
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